L’angoisse du pourquoi

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Quelques heures en compagnie de mon filleul de 3 ans et demi viennent de raviver en moi une crainte lancinante que m’évoque la maternité, ensevelie jusqu’à présent sous des considérations plus immédiates sinon menaçantes (“vais-je un jours perdre ces 2,7 derniers kilos de grossesse qui traînent”, “va-t-elle bientôt marcher/babiller/faire ses nuits”, “comment lui faire oublier Bumba”) : j’ai nommé la terrible phase du “pourquoi“.

Cette période où l’invariable réponse ou intervention de l’enfant se résume à ce mot et où je ferai l’étalage permanent de :

  • mon ignorance
  • mon manque d’imagination.

Car à moins d’acquérir en moins d’un an les connaissances géo/biologiques, géographiques et historiques de base qui me manquent cruellement (c’est pas demain qu’elle va m’interroger sur Dosto), je ne vois pas très bien comment je pourrais m’en sortir lorsqu’elle me demandera à la caisse du supermarché comme Tom hier chez ses parents “pourquoi il fait froit au Pôle Nord”. A présent je le sais (vive Google), mais pas sûr que je sois en mesure de lui restituer l’info sans m’embourber dans mes explications. Parce qu’elle n’est pas toujours simple, hein, l’origine des choses les plus évidentes.

Et c’est là que toute la file à la caisse vous attend au tournant.

Sans compter les questions gênantes allant du cliché “pourquoi la Madame elle est grôôôôsse” à “pourquoi Maman tu dis toujours qu’elle est chiante, Mamy?” (en présence de votre belle-mère).

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Sur le chemin du retour j’ai brainstormé toute seule et suis quand même parvenue à concevoir quelques stratagèmes susceptibles de me sortir de ce futur mauvais pas :

  1. Ne pas aller au supermarché avec Emma entre ses 2 et  5 ans et demi (après tout on vit en ville, papa peut la garder le soir le temps que je file acheter quelques vivres au Proxy du coin).
  2. Détourner son attention. Enfin, l’objectif principal est de détourner celle de l’assemblée. Un “oh, regarde c’est pas l’acteur préféré de maman à la caisse d’à côté?” (sans le citer histoire de laisser planer le doute) me semble assez approprié. On peut aussi simuler un malaise mais il est plus difficile pendant ce temps-là de payer rapidement ou de consulter l’app Wikipedia.
  3. Lui retourner la question (“et toi qu’est-ce que tu en penses?”) et espérer qu’elle ait hérité de l’inventivité… de son père.
  4. Lui filer un bonbon en douce si elle n’a pas encore ameuté tout le monde, la coupant dans son élan de “Dis maman tu m’écoutes, POURQUOI… blablabla”. Si l’assemblée s’est déjà formée, trop tard, j’aurai droit aux regards réprobateurs parce que non seulement je ne lui répond pas mais en plus je lui file des crasses (sauf peut-être la grôôôôsse dame qui n’y verra aucun mal).
  5. Lui répondre que je ne sais pas, essuyer son regard incrédule et défier ceux, moqueurs, de l’assistance (après s’être entraînée devant le miroir de la salle de bains).
  6. Eplucher le web à la recherche d’expériences d’autres parents, lister les questions clés, préparer les réponses et les mémoriser.

Bref je ne sas pas si vous avez d’autres idées, mais si oui n’hésitez pas à les partager.

En attendant j’ai trouvé sur le net l’interview d’une psychothérapeute qui m’a un peu rassérénée…

… et pour le fun, un peu de lecture dénichée sur Amazon (yen a qui sont déjà passés par le point 6., apparemment).

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