Les dessous de ma vie de maman

Je suis heureuse d’être maman.
Et j’adore mes enfants.
J’aime leur odeur, leur nez rond, leurs petits pieds, mordre dans leurs cuisses toutes roses, les câliner, les bercer.
Il m’arrive de penser aux malheurs susceptibles de s’abattre sur eux et j’ai envie de hurler.

Mais parfois, souvent, j’en ai assez.

Assez des nuits hachées. De cette boule dans le ventre au premier gémissement émanant de la chambre d’enfants.

Assez des verres d’eau renversés, des cuillères sur le plancher, du yahourt dans les cheveux, des tartines qu’ils n’ont pas touchées.

Assez des bodys à plier, des robes à repasser, de cette machine à laver qui ne cesse de tourner.

Assez des mamaaaaaans, des gémissements, des cris stridents.

Assez des kaplas, des légos, des poupées, des autos.

Assez de courir tout le temps, de culpabiliser quand je laisse papa une soirée avec les enfants.

Assez qu’ils soient pendus à mes jambes quand j’ai envie de tranquillité, m’ignorent totalement quand je dis qu’on doit s’en aller.

Assez de cette routine éreintante qui empoisonne notre couple, nous ôte l’envie d’échanger.

Assez de cette poitrine avachie, de ce corps lâche que je n’ai plus le courage de dompter.

Assez de ne pas pouvoir me consacrer pleinement à un job passionnant, voyager, saisir de nouvelles opportunités.

Assez de ne m’intéresser à rien, de mettre 6 mois à finir un bouquin.

C’est la tête compressée que j’avance certains jours, le coeur lourd, le sanglot coincé dans la gorge.
Fatiguée physiquement, nerveusement, émotionnellement.

Parfois je me dis que je ne suis pas à la hauteur, parfois je me dis que mes enfants doivent être bien pires que ceux des autres parents.
Souvent je pense que je ferais mieux d’aller dormir à 21.00, souvent je préfère me servir un verre de vin blanc.

C’est ça aussi, ma vie de maman.

Puis, il y a les embellies.
Quelques nuits complètes de sommeil. Un apéro-dîner où on mange avec les doigts. Ruben qui m’apporte gentiment son petit livre et se colle contre moi. Une belle promenade avec Emma.

Et les sorties, bulles d’oxygène.
A deux, même si, avec la babysitter, elles nous coûtent un bras.
Avec des amis qui se fichent de mes gosses et c’est très bien comme ça.
Avec d’autres mamans qui n’ont pas pleuré assises dans le couloir, mais se cachaient la tête dans leur armoire. Qui me disent courage, c’est normal, ça va passer, tu verras.

Il y a aussi la bienveillance que j’essaie de cultiver, envers les autres, envers moi.

Et assumer le fait que, malgré cette chance incommensurable de les avoir, beaux et sains, derrière tout ce bonheur, parfois, ça ne va pas…

8 Comments Add yours

  1. Mon Dieu, que ca fait du bien de vous lire! Parce que ce soir, c’est ce que je ressens, comme beaucoup d’autres soirs… cela m’enlève un peu de culpabilité, un peu du sentiment d’être plus nulle que les autres mères. Merci ! 🙂

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    1. Merci pour ce message, c’est exactement pour cela que j’ai osé le partager, malgré mes hésitations. On culpabilise tellement alors que ces sentiments sont apparemment tout à fait normaux. Courage pour les moments plus difficiles !

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  2. C’est tellement ça… Notre petite deuxième a 18 mois et se réveille encore presque chaque nuit, j’ai l’impression du coup d’être en mode pilote automatique la journée. Ça me frustre, ça m’énerve… Je rêve parfois de m’enfuir seule quelques jours. Pour savourer le silence, la tranquillité et peut-être récupérer un peu de légèreté et d’insouciance. Sortir sans me demander si j’ai la tétine, des couches, des lingettes, un jeu pour occuper la plus grande 😂. Bien sûr après 3 jours elles me manqueront et je me plaindrais du silence assourdissant, je rêverais de les câliner et de revoir leurs frimousses. Le paradoxe de la parentalité !

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    1. Je suis persuadée que le manque de sommeil, les nuits interrompues, sont pour beaucoup dans le désarroi et la fatigue nerveuse que nous pouvons éprouver. Je ressens exactement la même chose que toi, passer quelques jours , même à ne RIEN faire, mais seule. Deux enfants, ça change encore tous l’équilibre qu’on a déjà eu des difficultés à trouver avec le premier, n’est-ce pas? J’essaie de me projeter dans quelques années et je réalise que ces moments vont, malgré tout, certainement me manquer… comme tu le dis justement, le paradoxe de la parentalité !

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  3. Ah oui ma chère Caro, pleurer la tête dans l’armoire… Mais donc oui, ça finit par passer, même plus vite qu’on ne le pense. Les nuits deviennent plus longues, les enfants plus autonomes… Et en attendant, se dire qu’on est loin d’être la seule… et que ça ne va pas durer 😉

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    1. Merci, ça m’a fait beaucoup de bien de te parler… et d’écrire ce billet. Depuis, je me sens plus forte.

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  4. Être maman avec les hauts et les bas! Ce n’est vraiment pas tout rose tous les jours et souvent dur de trouver l’équilibre…
    C’est un savant mélange difficile à obtenir!

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    1. … et quand on pense avoir trouvé l’équilibre, une nouvelle étape dans leur évolution remet tout en question ! 🙂 Mais heureusement, il y a les “hauts” !

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